Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/208

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— Chut ! chut ! Parlez plus bas, je vous prie, répondit le cordonnier, d’un air mystérieux ; ce n’est pas là un Lièvre, comme vous le croyez, mais bien une princesse, la fille du roi de Perse. Je suis son cordonnier. Tous les jours, je lui fournis une paire de souliers neufs, que je lui porte moi-même, dans son palais.

— Je voudrais bien y aller aussi avec vous, si vous le voulez bien ?

— Je le veux bien, mais, à la condition que vous ne direz pas que c’est moi qui vous y aurai conduit. Je voyage à volonté à travers les airs [1], et je traverse ainsi facilement la mer, pour me rendre au palais de la princesse. Je vous donnerai un manteau, qui vous rendra invisible ; vous monterez sur mon dos, et nous partirons, aussitôt que j’aurai terminé mes souliers.

Quand les souliers furent achevés, le vieux cordonnier mit sur les épaules de Malo le manteau qui rend invisible, lui dit de monter sur son dos, et ils partirent alors, avec la rapidité du vent. Ils traversèrent ainsi la mer, et arrivèrent promptement au château de la princesse. Ils descendirent dans la cour.

  1. Le breton dit : « Je vais en Egypte, quand je veux. » Cette expression, dans nos contes populaires, signifie : Voyager par les airs.