Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/209

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— Suivez-moi, dit le vieux cordonnier à Malo, et ne craignez rien, car personne ne pourra vous voir, tant que vous aurez le manteau sur les épaules ; gardez-vous donc de l’ôter.

Ils pénétrèrent jusqu’à la chambre de la princesse. Elle était absente. Le vieux cordonnier y déposa les souliers, et s’en alla. Malo y resta.

La princesse rentra, peu après, et dit à sa servante :

— J’ai bien couru par la forêt de Kerodern, espérant y rencontrer mon amoureux, comme d’ordinaire, et je ne l’ai pas vu ; aussi, suis-je bien fatiguée et bien en peine de lui.

— Consolez-vous, ma maîtresse, lui dit la servante, vous le reverrez, sans doute, demain. Mangez et buvez, pour réparer vos forces, et demain vous serez plus heureuse.

La princesse mangea et but, mais, moins que d’ordinaire, puis, elle se retira dans sa chambre, toute soucieuse. Malo, qui avait faim aussi, et qui, grâce à son manteau, avait pu entendre la conversation de la princesse et de sa servante, sans être vu d’elles, dit, quand la princesse arriva dans sa chambre, où il l’avait suivie :

— Vous avez mangé et bu, princesse, mais, moi, je suis à jeun, depuis longtemps, et je voudrais faire comme vous.

— Qui est là ? demanda la princesse, étonnée