Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/210

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


et effrayée d’entendre parler ainsi, à côté d’elle, et de ne voir personne.

— Le fils du seigneur de Kerodern, répondit Malo ; ne vous effrayez pas, je vous prie, princesse.

— Le fils du seigneur de Kerodern ?... Mais, où êtes-vous donc ? Montrez-vous, je vous prie.

Malo ôta son manteau, et redevint aussitôt visible. La princesse, transportée de joie, lui sauta au cou, pour l’embrasser. Puis, elle lui fit servir à manger et à boire, et ils passèrent la nuit ensemble. Malo resta au château, sans que personne en sût rien, et la princesse ne sortit plus.

Un jour, elle dit à son père :

— Il est temps de me marier, mon père.

— A qui veux-tu que je te marie, ma fille ? répondit le vieillard ; aucun prince ne m’a encore demandé ta main.

— J’ai moi-même choisi mon mari, mon père

— Qui est-ce donc, ma fille, et où est-il ?

— Il n’est pas loin, mon père ; je vais vous le faire voir.

Et elle se rendit à sa chambre et en revint aussitôt, en tenant Malo par la main.

— Voici, mon père, dit-elle, celui que je désire pour époux !

Le vieillard ne fit aucune difficulté d’accepter Malo pour son gendre, d’autant plus que le jeune