Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/304

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— Hélas ! non, pauvre sœur, un jeune chevalier, que nous ne connaissons pas, les a emportés ! Dieu ! le beau chevalier ! nous aurions voulu que tu eusses pu le voir.

Le vieux roi, qui n’avait pas d’enfants (du moins il le croyait), aimait les enfants de sa belle-sœur, et était heureux de les voir revenus. Il fit faire un grand repas, auquel il invita beaucoup de monde, des princes, des ducs, des marquis, des barons, des généraux. Vers la fin du repas, la jeune fille posa sur la table l’Eau qui danse, la Pomme qui chante et l’Oiseau de Vérité, et leur commanda de faire chacun son devoir. Et aussitôt l’Eau se mit à danser, la Pomme à chanter et l’Oiseau à voltiger, au-dessus de la table. Et tout le monde, en extase, la bouche et les yeux ouverts, regardait et écoutait ces merveilles. Jamais ils n’avaient vu ni entendu rien de pareil.

— A qui appartiennent ces merveilles ? demanda le roi, quand il put parler.

— A moi, sire, dit la jeune fille.

— Qu’est-ce que c’est ?

— L’Eau qui danse, la Pomme qui chante et l’Oiseau de Vérité.

— Et de qui les tenez-vous ?

— C’est moi-même, sire, qui ai été les quérir.

Alors, les deux frères reconnurent que c’était leur sœur qui les avait délivrés. Quant au roi, il