Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/31

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— Nous verrons cela, ma fille ; laissez-moi respirer un peu, lui répondit le roi.

Quand le vieux sire eut repris haleine, il alla à Crampouès, et lui dit, sans autre préparation :

— Jeune prince, je suis si ravi de votre beauté et si émerveillé de vos talents, que je veux vous marier avec la princesse, ma fille unique, qui est douce comme un agneau et belle comme une étoile.

— Bien fâché de vous refuser, sire, lui répondit brusquement Crampouès, mais, mon choix est déjà fait ; j’ai, dans mon pays, une douce jolie, que j’aime, et c’est celle-là qui sera ma femme.

— De quel pays êtes-vous donc ?

— De la Basse-Bretagne.

— Il n’y a pas là de fille qui soit digne de vous, ni qui approche de la princesse, ni en sagesse ni en beauté.

— Vous vous trompez, sire, et pour vous le trouver, je veux vous présenter ma douce Marie.

— Je le veux bien ; je suis curieux de voir cette beauté de Basse-Bretagne, qui vous fait dédaigner la princesse, ma fille, et si elle est aussi belle que vous le dites, je consens à faire les frais le vos noces.

— Bien merci, sire, mais, je me charge de faire moi-même les frais de mes noces.