Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/32

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Et Crampouès dit alors à son bâton, dont il ne se séparait jamais :

— Bâton, ouvre-toi ! Cavaliers, sortez !

Et les cinq cents cavaliers parurent aussitôt, au grand étonnement et à l’effroi de tous les assistants, et le chef, s’avançant respectueusement vers Crampouès, lui demanda :

— Qu’y a-t-il pour votre service, maître ? Commandez, et comme vous direz il sera fait.

— Rendez-vous auprès de Marie, ma douce jolie, et amenez-la-moi ici ; et que ce ne soit pas long !

Et les cinq cents cavaliers partirent, au galop.

Quand ils arrivèrent à la ferme où servait Marie, celle-ci portait à manger aux pourceaux, et vous pouvez vous imaginer dans quelle toilette ! Elle eut grand’peur, en voyant tout d’un coup la cour pleine de beaux cavaliers ; elle voulut fuir et s’aller cacher. Mais, le chef de la petite armée s’avança vers elle, et lui dit fort poliment :

— Bonjour à vous, belle Marie. C’est votre bon ami, le prince Crampouès, qui nous a dépêchés ici, pour vous conduire auprès de lui.

— Vous vous moquez de moi, répondit Marie, en rougissant, et je ne vous croirai que si vous me montrez le présent que je lui fis, quand il partit.