Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/319

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— Eh bien ! j’ai dans mes étables quarante bœufs gras, et il faut que toi ou un de tes compagnons les mange, seul, en huit jours.

— Ce sera fait, sire, soyez tranquille à ce sujet.

Et s’adressant à son compagnon Mange-Tout :

— Tu as entendu, Mange-Tout ?

— Quarante bœufs en huit jours, s’écria Mange-Tout ; quelle chance ! Je vais donc enfin pouvoir manger mon content ! Il y a assez longtemps que je me serre le ventre ! Je veux commencer tout de suite.

Et il ouvrit une bouche large et profonde comme un antre, et munie de grandes dents, d’une blancheur éclatante. En quatre jours, les quarante bœufs eurent disparu dans ce gouffre, et il disait encore : — C’est déjà tout ?...

Le roi était très contrarié d’avoir ainsi perdu ses quarante bœufs gras, qu’il réservait pour un grand festin, qu’il devait donner.

— Ce n’est pas tout, dit-il à Luduenn ; après manger, il faut aussi boire. J’ai là cinquante tonneaux de vin aigri, dont je ne sais que faire, et il faut que toi ou un des tiens les boive, seul, eu cinq jours, afin que j’en aie de meilleur.

— C’est ton affaire, Bois-Tout, dit Luduenn, en s’adressant à son second compagnon.

— Qu’on me mène à la cave, dit Bois-Tout,