Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/340

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revenant de la guerre, et qui avait nom Petit-Jean. Le soldat salua le chasseur, ils lièrent conversation ensemble et entrèrent dans une auberge, au bord de la route, pour boire quelques chopines de cidre et faire plus ample connaissance. Petit-Jean, qui était un malin, eut bientôt jugé le degré d’intelligence de son nouveau camarade, et il lui parla beaucoup de ses voyages, de ses combats et lui vanta, en termes pompeux, les beautés, les merveilles et les plaisirs des villes et des pays lointains qu’il avait visités. Fanch de Kerbrinic, qui n’était jamais allé plus loin que Tréguier ou Lannion, écoutait, tout ébahi et ébloui, les récits et les descriptions du soldat.

— Comment donc, Monseigneur, lui dit Petit-Jean, n’avez-vous pas songé à aller aussi proposer votre énigme à la fille du roi ? Beau garçon et rempli d’esprit comme vous l’êtes, je suis persuadé que vous viendriez à bout d’elle ; car, jusqu’à présent, elle n’a eu affaire qu’à des imbéciles.

— J’y ai bien songé, répondit le jeune seigneur de Kerbrinic, mais, ma mère ne veut pas me laisser partir.

— Ah ! vous y avez songé ? Mais, alors, vous avez sans doute quelque bonne énigme toute prête ?

— Oh ! oui ; j’en ai même deux.