Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/342

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mes instructions, et je vous réponds du succès ; vous vaincrez la princesse, vous l’épouserez et vous serez roi de France.

— Bien vrai ? demanda le seigneur de Kerbrinic, émerveillé.

— J’en réponds sur ma tête, dit le soldat.

— Eh bien, venez avec moi dîner et coucher au manoir de Kerbrinic, parlez à ma mère, et faites en sorte qu’elle me laisse partir avec vous.

— Je le veux bien, si vous me promettez de me suivre, demain matin, que votre mère le veuille ou non.

— Je vous le promets ; nous partirons ensemble, demain matin, arrive que pourra.

Ils se rendirent là-dessus au manoir de Kerbrinic, déjà les meilleurs amis du monde. La vieille châtelaine reçut bien l’hôte que lui amenait son fils, et prit plaisir à l’entendre raconter ses voyages et ses aventures. On parla aussi de la fille du roi, la fameuse devineresse. Petit-Jean dit qu’il n’était bruit que d’elle, dans tout le royaume, qu’elle était d’une beauté merveilleuse, qu’il l’avait vue et qu’il s’étonnait que le jeune seigneur ne tentât pas l’aventure, ayant toutes les chances possibles de réussir, jeune et beau et spirituel comme il l’était.

La vieille dame ne l’entendait pas ainsi, et elle dit au soldat :