Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/386

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de plus facile ; voyez plutôt : vous quitterez vos habits d’abbé et revêtirez les miens, de manière à pouvoir être pris pour votre propre valet, pui vous me jetterez sur la tête et tout le corps un filet de pêcheur, et, de la sorte, je ne serai en réalité ni tout à fait nu ni tout à fait vêtu. Je ferai placer sur une charrette une grande roue dans les jantes de laquelle seront de grosses chevilles sortantes ; je monterai à reculons sur ces chevilles et ferai tourner la roue, de manière que tout en montant ma roue à reculons, j’avancerai quand même, entraîné par la voiture qui pourr être attelée d’un cheval. Vous me mènerez pa les douves, et non par les chemins ; enfin, nou emporterons une boule.

L’abbé ne trouva rien à redire à tout cela. I1 revêtit la livrée de son valet, et celui-ci, la tête couverte d’un filet de pêcheur, qui lui tombai jusqu’aux pieds, monta à sa roue, placée sur une charrette traînée par un cheval. Ils arrivèrent ainsi à la cour. Le roi, prévenu de l’arrivée de l’abbé Sans-Souci, s’empressa de venir le recevoir.

— C’est vous, l’abbé Sans-Souci ? dit-il, ei s’adressant au valet.

— Oui, sire, c’est bien moi, répondit celui-ci.

— Vous avez reçu ma lettre ?

— J’ai reçu la lettre de Votre Majesté, sire.