Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/420

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— Jamais je n’ai rien dit de semblable, monseigneur, s’écria Jean, en levant les mains au ciel, et il faudrait être complètement fou. pour parler de la sorte.

— Si, tu l’as dit, répliqua le seigneur, et il faut que tu le fasses, ou il n’y a que la mort pour toi.

Jean s’en retourne à la maison en pleurant et va raconter la chose à Jeanne. Celle-ci fait mine de se désoler et dit à son homme :

— Il faudra te mettre à la besogne, demain matin, de bonne heure, et travailler ferme.

Dès le lever du soleil, le lendemain, Jean se dirigea vers le bois, sa cognée sur l’épaule, et tout triste. Il rencontra en son chemin une petite vieille qui lui demanda :

— Pourquoi es-tu si triste, Jean ?

— Ce n’est pas sans raison, grand’mère : le seigneur m’a dit qu’il me faut couper son taillis ; et en faire des fagots, dans trois jours, ou il n’y a que la mort pour moi.

— Ce n’est que cela ? Console-toi, mon garçon, ce sera fait, sois tranquille. Tiens, prends cette cognée (et elle lui présenta une petite cognée bien affilée), frappes-en le bois avec confiance, et ne t’inquiète pas du reste.

Jean prit la cognée et se rendit au bois, peu rassuré, malgré les paroles de la vieille. Il en