Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/428

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— Pourquoi avez-vous besoin du boisseau ? lui demanda le seigneur.

— Pour mesurer de l’argent, monseigneur.

— Pour mesurer de l’argent ! Vous voulez vous moquer de moi, je crois ?

— Non, mon Dieu, mon bon seigneur ; je vous dis la vérité. Venez avec moi, et vous verrez.

Le seigneur va avec elle. Quand il voit la table du meunier couverte de pièces de deux écus, il est bien surpris, et il lui dit :

— D’où te vient cet argent-là ?

— C’est de la peau de ma vache, que j’ai vendue à Guingamp, que je l’ai eu, monseigneur.

— De la peau de ta vache ! les peaux de vache sont (se vendent) bien chères, alors !

— Oui, tout de bon, monseigneur, et vous m’avez rendu un grand service, en tuant ma vache.

Et le seigneur de courir à la maison, tout de suite, et de faire tuer toutes ses vaches et les écorcher. Le lendemain matin, il envoie un valet en ville, avec les peaux (il y en avait la charge d’un cheval), et il lui dit de demander un boisseau d’argent de chacune.

Le valet se rend en ville avec ses peaux.

— Combien chaque peau ! lui demande un tanneur.