Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/441

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iin y arrivant, il alla trouver le grand Moine et lui dit :

— Les peaux de bœufs se vendaient bien, hier, à Pontrieux.

— Oui ? Combien avez-vous eu de la vôtre ?

— Cent écus.

— Ce n’est pas possible, vous plaisantez.

— Et d’où aurais-je tant d’argent, si ce n’était pas vrai ? Voyez !...

Et il lui fit voir des poignées de pièces de six livres, qu’il tirait de ses poches.

— C’est à merveille ! s’écria le grand Moine ; dès demain, je fais abattre tous mes bœufs, afin d’en vendre les peaux, à Pontrieux !...

Et il fit venir tous les bouchers du pays, qui abattirent et écorchèrent tous ses bœufs, le même jour. Il remplit une charrette de leurs peaux, et les alla vendre à Pontrieux. Quand il arriva en ville, il les mit en tas, et attendit les marchands, avec confiance. Arrivèrent bientôt les tanneurs de la Roche-Derrien, de Tréguier et de Guingamp. Ils examinèrent les peaux et demandèrent :

— Combien la pièce ?

— Cent écus ! répondit le Moine, avec assurance.

— Trêve de plaisanterie et parlons sérieusement ; combien voulez-vous vendre chacune de ces peaux ?