Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/67

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vous dire une bonne parole : Chaque matin, en vous levant de votre lit, regardez sous votre oreiller, et vous y trouverez cent écus en or.

François sourit, persuadé que l’hôtesse plaisantait, et il n’en dit rien à son frère. Cependant, tout le long de la route, ces paroles ne sortaient pas de son esprit, et il se disait :

— Est-ce que, par hasard, l’hôtesse aurait dit vrai ?

Quand vint la nuit, ils couchèrent dans une auberge, au bord du chemin. Le lendemain matin, François s’empressa de regarder sous son oreiller.

— Cent écus en or ! L’hôtesse est sûrement sorcière, pensa-t-il.

Il mit, vite, les cent écus dans sa poche, et n’en dit rien à son frère. Puis, ils se remirent en route, se dirigeant vers Paris. Et chaque matin, en quelque lieu qu’il couchât, François trouvait désormais cent écus en or sous sa tête.

Ils arrivèrent à Paris. Ils se séparèrent alors, et chacun d’eux alla de son côté chercher fortune.

François, qui avait ses poches pleines d’or, descendit dans un grand hôtel. Il prit un maître d’école, pour lui apprendre à lire et à écrire, car il ne savait rien. Il s’habilla comme un prince, et fit des dépenses en conséquence, puisqu’il avait de l’or à discrétion. De plus, il était assez beau garçon. La fille du roi le vit, un jour, et devint