Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/182

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Julie commença par avouer quelques petits péchés, puis elle s’arrêta...

— Après, mon enfant ? lui demanda le prêtre.

Elle ne répondit rien. Le prêtre reprit :

— £t quand vous auriez eu un enfant, et que vous l’ayez tué, qu’est-ce que cela pour la bonté de Dieu ?

— Oui... répondit Julie, tout bas et en baissant la tête.

— Retire-toi ; va-t-en d’ici, vilaine bête ! s’écria encore le prêtre.

Et la jeune fille se leva encore pour sortir. Mais, le confesseur lui dit avec douceur :

— Restez, mon enfant ; ce n’est pas à vous que je parle de cette façon. Prenez courage, et continuez.

Mais elle garda le silence. Le confesseur reprit :

— Et quand vous auriez eu deux enfants, et que vous les ayez tués, qu’est cela pour la bonté de Dieu ?

— Oui... répondit-elle, à voix basse.

— Et après, mon enfant ? prenez courage...

Julie garda encore le silence, et les larmes coulèrent le long de ses joues. Le prêtre reprit :

— Et quand vous auriez eu trois enfants, et que vous les ayez tués, qu’est cela pour la bonté de Dieu ?