Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/185

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bras qui lui restait, celui-ci la conduisit dans l’église, devant l’autel du Rosaire, et lui dit :

— Agenouillez-vous là, sur les marches de l’autel, et, quand la nuit sera venue, je viendrai encore vous prendre, comme hier, et vous dire ce que vous aurez à faire.

Puis il s’en alla.

Il se rendit, comme la veille, auprès d’Yvonne et lui dit :

— Nous passerons encore toute la nuit à prier pour votre amie, car si elle est damnée, nous le serons aussi, vous et moi.

Et ils passèrent encore toute la nuit en prière, à genoux, sur les dalles de pierre de l’église.

Au point du jour, le vieux prêtre se rendit de nouveau auprès de Julie. Il la retrouva évanouie sur les marches de la croix, et dans un état horrible à voir. Elle n’avait plus de bras ! L’esprit malin lui avait arraché celui qui lui restait, en essayant de l’entraîner. Il la ramena dans l’église, avec beaucoup de peine, la reconduisit devant l’autel du Rosaire, lui recommanda d’y passer encore toute la journée en prière, et promit de la venir chercher, quand la nuit serait venue.

En effet, quand le moment fut arrivé, il la conduisit, pour la troisième fois, au pied de la croix du cimetière et lui parla de la sorte :

— Voici la troisième nuit, ma pauvre enfant,