Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/19

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-même comme les autres, j’ai quitté mon lit tout doucement, et j’ai étouffé dans son berceau l’enfant unique de nos hôtes.

— Grand Dieu ! que dites-vous ? Vous n’avez pas fait cela !...

— Je l’ai fait, vous dis-je, et cela pour le bien de l’enfant et celui de ses parents.

— Comment pouvez-vous parler de la sorte ?

— N’avez-vous pas remarqué que c’était là un enfant gâté, et qu’il faisait négliger Dieu à son père et à sa mère, au point qu’ils n’étaient occupés que de lui, même pendant leurs prières ? À présent, ils n’auront plus de ces distractions, et ils seront sauvés, au lieu que si l’enfant leur était resté, ils se seraient perdus à cause de lui, et l’enfant lui-même aurait été perdu, parce qu’ils l’élevaient mal.

— Pressons le pas, dit l’ermite effrayé, car on ne manquera pas d’envoyer à notre poursuite.

Et le vieillard paraissait très-inquiet et se disait à part soi :

— Quel compagnon de voyage ai-je donc trouvé là ? C’est sans doute un démon, et je ferais peut-être bien de me séparer de lui.

Plus loin, comme ils passaient un pont sur une rivière, ils rencontrèrent un vieux mendiant, et comme il y avait deux routes qui aboutissaient au pont, de l’autre côté, l’inconnu lui de-