Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/216

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un vieux mendiant couvert de haillons se présenta au seuil de sa porte et demanda un morceau de pain. Mais on lui dit de s’en aller, qu’on n’avait rien à lui donner.

— Au nom de Dieu, rien qu’une bouchée de pain seulement, car je suis près de mourir de faim ! dit le pauvre, d’une voix à fendre le cœur de pitié.

— Allez-vous-en vite, vous dis-je, répondit la femme en colère, ou je lâcherai mes chiens sur vous !

Et, comme le mendiant restait toujours au seuil de la porte, la femme détacha les chiens et les excita contre lui. Mais les chiens se couchèrent à ses pieds nus et se mirent à les lécher. Le vieillard s’en alla alors.

Mais, le soir, quand les domestiques rentrèrent des champs, ils trouvèrent le corps d’un mendiant mort, dans l’avenue du manoir. Personne ne le connaissait. En arrivant dans la maison, ils dirent à la maîtresse :

— En revenant des champs, nous avons trouvé, dans l’avenue du manoir, le corps d’un vieux mendiant mort ; il sera, sans doute, mort de faim. Il ne doit pas être du pays, car aucun de nous ne le connaît.

La maîtresse envoya une de ses servantes pour voir si c’était le mendiant sur lequel on avait dé-