Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/232

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


dame, elle y remarqua un portrait de jeune homme, et resta quelque temps à le contempler, toute rêveuse, puis elle dit à sa maîtresse :

— Je connais ce jeune seigneur !

— C’est mon fils, répondit la dame, et il y a vingt-cinq ans qu’il est mort ; par conséquent, vous ne l’avez jamais vu, puisque vous n’avez pas encore vingt ans.

— Excusez-moi, madame, je l’ai vu.

Le portrait, par un miracle de Dieu, prit alors la parole et dit :

— Oui, ma mère, cette jeune fille a raison : elle m’a déjà vu. C’est elle qui m’a tiré du feu du purgatoire, par une simple messe de trente sous qu’elle a fait dire pour moi. Vous avez fait dire bien des messes pour moi, ma pauvre mère, depuis que je suis mort ; mais aucune d’elles, quoique payées bien cher, ne valait la simple messe de trente sous commandée et payée par cette jeune fille ! C’est elle qui m’a délivré des peines du purgatoire, où j’étais retenu depuis l’heure de ma mort, et je désire qu’elle hérite de tous mes biens sur la terre, et la bénédiction de Dieu soit avec elle !

Il fut fait ainsi, et Mettic resta alors avec la mère du jeune seigneur, qui l’adopta comme sa fille, et elle se trouva, de la sorte, être la plus riche héritière du pays. Elle fit un bon ma-