Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/286

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qu’elle trouva délicieuses. Puis elles allèrent à la fontaine, et la reine s’y enivra aussi, et s’en retourna au palais en dansant et en chantant, tout comme le roi.

Le seigneur chasseur, qui songeait toujours à la jolie bergère qu’il avait rencontrée sur la grande lande avec ses moutons, revint aussi lui rendre visite, et fut tout émerveillé à la vue du changement qui s’était opéré dans ces lieux. Il mangea aussi une pomme et une poire, but de l’eau et du vin de la fontaine, et s’enivra. Il fit alors la cour, à Marguerite, et lui fit tant de belles promesses et de serments d’amour, qu’elle finit par lui promettre de le prendre pour mari.

Les noces furent célébrées dans le château du nouveau mari, qui était un riche seigneur, et il y eut de grands festins et de belles fêtes.

Le roi et la reine y assistèrent avec Louise, qui n’était pas encore mariée, et qui enrageait de voir le bonheur de Marguerite. On servit sur la table des pommes, des poires, de l’eau et du vin de la grande lande, où Marguerite gardait ses moutons, et tout le monde en faisait l’éloge. Quelqu’un des convives dit alors à la nouvelle mariée :

— Vous serez mieux dans ce beau château, madame, que sur la grande lande avec vos moutons.

— Je me trouvais très-bien avec mes moutons,