Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/302

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Mais, au moment où il sortait de son palais, la princesse dit à Marie :

— Dites à présent ; « Par la vertu de ma baguette blanche et la protection de ma marraine, que la mer entoure de tous côtés le palais du roi et l’y retienne prisonnier. »

Marie prononça les paroles, et quand le roi voulut sortir, il recula de frayeur en voyant la mer au seuil de son palais. Il voulut fuir par une porte de derrière ; mais, là encore, il trouva la mer, qui l’arrêta court. Sa frayeur était extrême.

La princesse dit encore à Marie :

— Dites à présent : « Par la vertu de ma baguette blanche et la protection de ma marraine, que la mer se retire, afin que le roi puisse venir jusqu’à nous. »

Et Marie prononça les paroles, et la mer se retira aussitôt. Alors le roi se dirigea vers le château merveilleux.

En passant près de ses soldats, qui étaient toujours immobiles comme des statues, le fusil à l’épaule, il leur cria :

— Tirez donc, imbéciles !

Mais les soldats restaient toujours immobiles, et pas un coup ne partait.

La princesse, Marie et ses deux frères s’avancèrent au devant du roi, en riant de le voir tant en colère.