Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/317

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— Voici un bonnet trempé dans une eau de ma composition et une épingle qui feront votre affaire. Vous lui mettrez vous-même le bonnet sur la tête, puis, sous prétexte de le bien attacher, vous lui enfoncerez profondément cette épingle dans la tempe gauche, et aussitôt vous la verrez se changer en petit oiseau et s’envoler par la fenêtre, pour aller au bois.

La méchante se rendit alors, avec le roi et sa fille Jeanne, chez la jeune mère, toute heureuse de tenir sa vengeance. Elle emportait aussi une belle robe de satin bleu, pour en faire cadeau à Marie. On attendit, pour baptiser l’enfant, que la mère pût venir elle-même à l’église et assister au baptême. Enfin, le jour venu, la reine voulut habiller elle-même Marie. Elle lui fit revêtir d’abord la belle robe de satin bleu, puis elle lui posa sur la tête le bonnet donné par la sorcière, et, sous prétexte de le bien attacher, lui enfonça l’épingle noire dans la tempe gauche. Aussitôt voilà la pauvre Marie changée en un petit oiseau bleu, qui voltige par la chambre, effleure de ses ailes les joues de l’enfant, qui dormait dans son berceau, puis s’envole par la fenêtre, en faisant grik ! grik ! grik ! et gagne le bois voisin.

Alors la méchante met sa fille Jeanne dans le lit de Marie, ferme les rideaux sur elle et lui dit de faire la malade, de gémir, de se plaindre et