Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/35

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l’autre fois, deux colombes noires poursuivies par une bande de corbeaux blancs, de geais et de pies, qui faisaient un vacarme étourdissant.

— Oui, ces corbeaux blancs, ces geais et ces pies sont les habitants de Guingamp, que vous avez sauvés, parce que ce qu’ils disaient de vous, et qui était faux auparavant, est vrai aujourd’hui ; et les colombes noires sont vous deux, qui êtes à présent damnés.

— Jésus, mon Dieu !... s’écrièrent le frère et la sœur. Si ce que vous dites est vrai, c’est vous qui nous avez perdus.

Et les voilà désolés et de verser des larmes abondantes.

— À présent, reprit l’ermite, quand votre enfant viendra au monde, vous l’exposerez sur le grand chemin, avec une bourse pleine d’argent pour celui qui le recueillera et l’élèvera.

— Ô malheur !... c’est vous qui avez causé notre perte !...

— Oui, c’est moi qui suis la cause de tout ; mais mieux valait perdre deux seulement que perdre toute une ville. Retournez, à présent, chez vous, et faites comme je vous ai dit.

Ils reprirent la route de la maison, la mort dans l’âme. Il leur naît un fils, un enfant superbe. Ils le font baptiser, lui donnent le nom de Cadou, et l’exposent ensuite sur le grand chemin, avec une