Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/351

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crois, dans le mois de janvier), je fus bien étonné de voir une charrette attelée de deux petits chevaux blancs entrer dans la cour. « Qui est-ce, et que peut-il venir chercher ici avec sa charrette, avant le jour ? » me demandai-je. Et je cherchais à reconnaître le charretier et ses chevaux ; mais ce fut en vain. La charrette était recouverte d’un drap blanc, et le conducteur s’enveloppait d’une sorte de manteau également blanc et tenait une faux sur son épaule gauche. Je ne pus voir sa figure. Tout cela me paraissait étrange. La charrette continuait d’avancer, tranquillement, vers la porte de la maison. Quand elle passa près de moi, à deux ou trois pas, je dis en m’adressant au charretier inconnu :

— Bonjour, camarade ! Vous êtes bien matinal : il ne fait pas encore jour.

Pas de réponse. La charrette avançait toujours, et, en un clin d’œil, charrette, chevaux et charretier disparurent et entrèrent dans la maison par le trou du chat. Je me dis alors :

— C’est Caric ann Ankou, qui vient chercher le bonhomme L’Ahellec !

Et j’allai à l’écurie réveiller mon camarade Menou et lui faire part de ce que je venais de voir.

— Le bonhomme L’Ahellec n’ira plus loin, me répondit Menou, et je ne serais même pas étonné qu’il fût déjà trépassé.