Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/46

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cela signifiait. Le cordonnier, entendant parler sur le grenier, s’écria :

— Qu’est-ce à dire ? C’est, sans doute, votre amant que vous avez caché sur le grenier ?

— Ce sont deux pauvres pèlerins exténués de fatigue, deux moines, que j’ai logés, répondit la pauvre femme, et qui doivent partir, au point du jour, pour continuer leur route.

— Des moines dans ma maison ! hurla le cordonnier ; je veux leur casser la tête ; ils ne sortiront pas vivants d’ici !

Et il prit un bâton et une hache, et se mit en devoir de monter au grenier. Mais, ivre comme il l’était, il avait grande peine à monter l’escalier, et les moines, qui avaient tout entendu, s’échappèrent par la lucarne, contre laquelle se trouvait une échelle.

Le cordonnier, ne trouvant personne dans le grenier, redescendit et se remit à battre sa femme de plus belle.

La nuit suivante, les deux moines logèrent dans un château où il y avait une dame très-riche, mais très-méchante. Son mari, ne pouvant vivre avec elle, l’avait quittée. Elle plaisanta les deux pèlerins, disant qu’elle leur trouvait assez bonne mine, pour des hommes de pénitence, qu’ils étaient des hypocrites, qu’ils buvaient plus de vin que d’eau, et autres choses semblables.