Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/48

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£t ils s’agenouillèrent tous les deux sur la route et prièrent. Puis ils se remirent en route.

Dieu écouta leur prière et l’exauça, et, le lendemain matin, la méchante châtelaine se réveilla dans une pauvre boutique, avec le cordonnier ivre à ses côtés ; et la femme du cordonnier se réveilla dans un beau lit de plume, dans une chambre garnie de riches tentures, le lit et la chambre de la châtelaine. Elle en était si étonnée, qu’elle croyait rêver, et elle n’osait pas quitter son lit, dans la crainte de voir tout s’évanouir comme un rêve, et de se retrouver dans son échoppe avec son mari.

Comme l’heure à laquelle la châtelaine avait l’habitude de sonner pour qu’on vînt la lever et l’habiller était passée depuis longtemps, sa femme de chambre, craignant qu’elle fût malade, monta, ouvrit la porte tout doucement, et fut bien étonnée de voir dans le lit une jeune femme aussi jolie que l’autre était laide. Elle s’excusa d’être venue sans avoir été appelée, et demanda si madame voulait se lever et déjeûner.

— Quand cela vous sera commode, répondit la nouvelle châtelaine d’une voix douce et bonne.

La femme descendit, tout émerveillée de ce qu’elle voyait et entendait, et raconta la chose aux domestiques.

— Ah ! puissiez-vous dire vrai ! répondirent-ils.