Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/51

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de toute condition et de tout âge. La procession s’arrêta devant une petite chaumière, d’apparence pauvre, qui était au bord de la lande.

Puis, un moment après, passa une seconde procession, plus nombreuse et plus belle que la première, avec des chants et de la musique.

Le jeune moine avait bien envie d’éveiller son vieux compagnon ; mais celui-ci était si fatigué et il dormait si bien, qu’il ne l’osa pas.

Une troisième procession vint bientôt après, et celle-ci n’était composée que de religieuses et de jeunes vierges habillées de blanc, et en tête marchait une jeune dame, si belle, si brillante, qu’elle éclairait comme le soleil béni du bon Dieu.

Le jeune moine se leva, alla vers cette belle dame et lui demanda ce que signifiaient ces trois belles processions.

— Nous allons, lui répondit-elle, chercher pour la conduire au ciel une jeune fille pauvre et sage, bien qu’elle eût mauvaise réputation sur la terre, qui vient de mourir, dans une pauvre chaumière, par là-bas, au bord de la lande. Elle était abandonnée et méprisée de tout le monde, parce qu’elle avait eu un enfant ; mais elle s’est repentie, elle a fait pénitence, et l’heure de la récompense est venue pour elle.

Et cette troisième procession continua sa route