Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/56

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— « Va loin d’ici, va-t’en au diable ! répondit-elle ; tu es le déshonneur de notre maison ; tu es le déshonneur de notre maison ; voici trente écus, et que je ne te revoie plus jamais. »

Le jeune gentilhomme, voyant qu’il lui fallait quitter sur le champ la maison où il était né, alla trouver saint Corentin, plein d’espoir, et s’agenouillant devant son image, les larmes aux yeux, il le pria de la sorte :

— « Glorieux saint Corentin, voici que je suis chassé de votre ville par mon père, que j’ai toujours aimé ; je vous prends à présent pour père, glorieux saint Corentin ; regardez-moi aussi comme votre fils ; mon père, venez à mon secours. »

Ayant ainsi parlé, avec une dévotion sincère, il demanda au saint sa bénédiction ; puis, se sentant rassuré, il alla à la grâce de Dieu et se rendit de Quimper-Corentin à Douarnenez.

Quand il fut sur la montagne, il s’arrêta et fit encore ses adieux à sa ville natale et à son église :

— « Adieu, dit-il, mon père ; adieu, saint Corentin ; souvenez-vous de votre fils ; ayez pitié de moi. »

Poursuivant alors sa route, il rencontra une croix : d’un côté était représenté Jésus, notre grand