Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/66

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Au moment où elle se désolait ainsi, son mari, qu’elle appelait tous les jours, entra soudain. Elle courut à lui et s’écria :

— « N’êtes-vous pas mon mari ? Hélas ! j’avais grand peur que vous ne fussiez à jamais perdu ?

— « Remercions Dieu, lui dit-il, de m’avoir préservé, dans les dangers de mort où je me suis souvent trouvé, pendant cinq ans. J’ai toujours mi ma confiance en Dieu, qui m’a protégé nuit et jouir. »

Comme ils parlaient ainsi, son petit enfant courut à son père, quoiqu’il ne l’eût jamais vu ; il lui sauta au cou, en disant :

— « Mon père chéri, soyez le bienvenu, et louons d’abord Dieu de votre retour ! »

Alors vinrent les serviteurs de la maison, puis les gentilshommes et les habitants du voisinage ; tous étaient heureux et se réjouissaient du retour du gentilhomme.

Sa femme lui demanda alors où il avait été.

— « Que Dieu soit loué à jamais, répondit-il ; que Dieu soit loué à jamais de m’avoir, pendant cinq ans, préservé au milieu de mille dangers !

« Mon oncle, sous prétexte de m’emmener à la chasse, me jeta dans la mer. Alors je me mis à