Page:Mémoires de Louise Michel.djvu/404

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


réactionnaires de dire qu’on insultait un personnage du gouvernement.

Tout ce qui était gras ne pouvait plus être nommé ; le nom de Vitellius était prohibé.

Quelquefois on ne pensait pas même au personnage en question. S’il était vivant, je ne terminerais pas si court à son sujet. Voici un fragment auquel la lettre citée précédemment devait faire allusion.


Doux spécimen des projets de la prophétesse révolutionnaire Mlle Louise Michel. Tandis que le cercle d’études socialistes des Ve et VIIe arrondissements proclame qu’il faut aiguiser les armes de la Révolution, Mlle Louise Michel commente, dans deux lettres, son mot désormais historique : Quand les cochons sont gras, on les tue.


Extrait d’une lettre à M. Fayet :


Quant aux craintes que vous me manifestez sur mon avenir, soyez tranquille, je n’aurai pas besoin de l’hospice.

Vous possédez assez de mes vers d’autrefois, pour reconnaître que j’ai toujours pensé qu’il vaut mieux qu’un seul périsse que tout un peuple.


Les six dernières lignes de ce fragment opportuniste sont et seront toujours vraies.

Il n’est pas défendu de ne vouloir vivre qu’autant qu’on est utile et de préférer mourir debout à mourir couché.

Quant à penser qu’un seul n’est rien devant tous, j’en ai toujours été persuadée ; seulement