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ÉLOGE HISTORIQUE

je rappelle aussi les dignités dont il fut revêtu, ce ne sera pas par rapport à l’éclat de ces dignités, car cet éclat n’est que passager, mais par rapport au bien durable qu’elles lui ont permis de faire.

Au point de vue où la postérité se place, les travaux seuls paraissent, les dignités s’effacent. Toutes ces choses extérieures à l’homme, meurent avec l’homme ; et ce qui seul lui survit, c’est le fruit de sa pensée intime, ses écrits et ses découvertes.

Jean-Antoine Chaptal naquit à Nojaret, département de la Lozère, le 5 juin 1756.

Sa famille comptait parmi les plus anciennes et les plus respectées du pays. À l’âge de dix ans, le jeune Chaptal s’en sépara pour entrer au collége de Mende, où de rapides progrès signalèrent bientôt ses heureuses dispositions.

Un de ses oncles, médecin renommé de Montpellier, fut instruit de ces progrès ; il n’était point marié ; un pressentiment secret l’avertit sans doute que, dans cet enfant dont il apprenait alors les premiers succès, se trouverait un jour l’héritier qui manquait à son nom et à sa fortune ; et, dès ce moment, il lui voua toute son affection.

Du collége de Mende, le jeune Chaptal passa à celui de Rhodez où l’attendaient des succès plus brillants encore, et qui le furent à ce point qu’il est permis de dire qu’ils y marquèrent une véritable époque. Il fut décidé que la chambre qu’il avait occupée, ne le serait plus désormais que par l’élève qui aurait remporté les premiers prix ; et je lis, dans des Notes laissées par M. Chaptal, que, « de tous les honneurs de sa vie, aucun ne l’a plus vivement flatté. »