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ÉLOGE HISTORIQUE


Il avait été appelé, en 1818, à la Chambre des Pairs. Là, entouré de toute la considération qu’assurent un nom célèbre et de grands services, il parlait rarement, ne parlait que sur les matières qu’il avait longtemps étudiées, ne parlait sur une question que pour l’éclaircir ; et sa parole respectée produisait toujours une impression profonde.

Depuis lors, on l’a vu constamment partager son temps entre la Chambre des Pairs, la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, le Conseil général des hospices, et cette Académie, aux séances de laquelle nul ne porta jamais ni plus d’assiduité, ni plus d’intérêt, et dont les travaux, tous consacrés aux progrès des sciences, l’ont occupé jusqu’à sa dernière heure.

M. Chaptal avait un esprit étendu et dégagé de toute illusion, un jugement sûr, une raison droite et élevée, un cœur plein des affections les plus bienveillantes.

Dans ses écrits, se font remarquer partout une capacité d’un ordre supérieur ; des vues nettes ; un style noble, élégant, mais de cette noblesse et de cette élégance que comportent les matières sérieuses, et dont la juste limite est elle-même une difficulté de plus ; car, comme l’a dit Fontenelle, « ce qui ne doit être embelli que jusqu’à une certaine mesure précise, est ce qui coûte le plus à embellir. »

M. Chaptal est mort le 29 juillet 1832. Au milieu des souffrances les plus cruelles, son esprit, resté libre, s’occupait encore, et avec une sérénité admirable, de ces sciences auxquelles il avait consacré sa vie, et que nul n’était plus en droit que lui de regarder comme la véritable source de tout ce qui peut fonder le bonheur des hommes.