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histoire de l’académie,

à celles qui l’environnent. D’autres substances, comme le marbre, la porcelaine, le bois, le verre, opposent beaucoup plus d’obstacle à la transmission.

Cette facilité plus ou moins grande de conduire la chaleur dans l’intérieur de la masse doit être soigneusement distinguée d’une propriété analogue qui subsiste à la superficie des corps. En effet, les différentes surfaces sont inégalement pénétrables à l’action de la chaleur ; dans plusieurs cas, par exemple, lorsque la surface est polie et a reçu l’éclat métallique, la chaleur que le corps contient s’échappe difficilement par voie d’irradiation dans le milieu environnant. Si cette même surface vient à perdre le brillant métallique, et surtout si on la couvre d’un enduit noir et mat, la chaleur rayonnante émise est beaucoup plus intense qu’auparavant, et cette quantité peut devenir six fois ou sept fois plus grande qu’elle ne l’était d’abord.

Mais la chaleur rayonnante émise n’est qu’une assez petite partie de celle que le corps abandonne, lorsqu’il se refroidit dans l’air ou dans un milieu élastique ; et la plus grande partie de cette chaleur perdue ne s’échappe point en rayons d’une longueur sensible : elle est communiquée à l’air par voie de contact ; elle dépend principalement de l’espèce du milieu et de la pression.

Cette propriété de la surface s’exerce également en sens opposé, lorsque le corps s’échauffe en recevant la chaleur du milieu, ou celle des objets environnans. Une même cause oppose le même obstacle à la chaleur qui tend à s’introduire dans le solide, et à celle qui tend à se dissiper dans le milieu, soit que cette chaleur, qui se porte à travers la surface, provienne du rayonnement ou du contact.

La quantité totale de chaleur que le solide abandonne dans l’air, ou celle qu’il reçoit, est donc modifiée par la