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partie mathématique.

introduisait les procédés de culture perfectionnés par les modernes et qui seraient applicables à cette latitude.

Pendant long-temps encore, et peut-être toujours, le soi cultivable sera la matière première sur laquelle l’industrie des Égyptiens s’exercera avec plus d’avantage ; il n’y a la ni courant d’eau ni combustible au moyen desquels on puisse faire mouvoir les roues hydrauliques ou les machines à vapeur dont l’industrie européenne tire aujourd’hui un si grand parti. La fabrication de vases d’argile, le tissage d’étoffes grossières de lin, de coton et de laine, l’extraction de l’huile de quelques plantes, occupent dans les villages de l’Égypte ceux de leurs habitans qui ne sont point employés constamment aux travaux de l’agriculture. À ces arts de première nécessité s’ajoutent, dans quelques endroits, ceux de fabriquer l’eau de rose, le sel ammoniac, le salpêtre, celui de faire éclore artificiellement des poulets, &c. Les métiers qui ont pour objet la construction et l’ameublement des habitations, la sellerie, les équipages de guerre, &c., sont exercés dans les villes, où l’on trouve aussi quelques orfévres et quelques lapidaires. Ce qui peut satisfaire le luxe des riches est, en général, fourni par les étrangers. L’Égypte, placée au centre de l’ancien continent, fut dans l’antiquité et pourra devenir encore l’entrepôt d’un commerce d’une grande importance : aujourd’hui c’est le seul pays qui ait des relations étendues avec l’intérieur de l’Afrique. Des caravanes plus ou moins nombreuses arrivent au Kaire, chaque année, des pays de Sennar et de Darfour. M. Girard donne sur ces caravanes et leur itinéraire des renseignemens d’un grand intérêt ; il indique les marchandises qu’elles apportent et celles qu’elles prennent en retour. Le pélerinage de la Mecque est l’occasion d’un échange régulier de produits entre les nations barbaresques et les Égyptiens. Le commerce des productions de