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histoire de l’académie,

M. Haüy, et celui qu’il avait choisi depuis long-temps pour le seconder dans les détails de cette grande entreprise.

On a déjà deux volumes qui embrassent toute la théorie mathématique de la cristallisation, et trois autres sur la minéralogie proprement dite ; le quatrième et dernier reste seul à paraître.

C’est en portant à ce degré de perfection un ouvrage depuis long-temps admiré du monde savant, que cet homme de génie a terminé une carrière si féconde pour le développement de l’une des branches les plus importantes et les plus difficiles des sciences naturelles.


Les matériaux les plus utiles à la géologie sont les descriptions spéciales et topographiques des divers pays où l’on note avec soin l’ordre dans lequel les bancs qui composent leur sol se succèdent, soit dans une superposition horizontale, soit en s’appuyant obliquement les uns sur les autres. Ce dernier genre de succession, propre aux bancs plus anciens, se voit plus facilement qu’ailleurs, le long des bords escarpés de la mer, où l’on en suit horizontalement un plus grand nombre que l’on ne pouvait faite par des percemens verticaux, puisque l’on y voit successivement sortir en quelque sorte de dessous terre des couches qui, dans d’autres lieux, sont enfoncées à une grande profondeur. Pénétré de cette vue, M. Constant Prévost, naturaliste habile, élève de M. Brongniart, a suivi les falaises de la Picardie et de la Normandie, depuis Calais jusqu’à Cherbourg.

Aux deux extrémités de cette ligne, de près de quatre-vingts lieues, on reconnaît les mêmes roches, et des roches qui appartiennent aux terrains primordiaux, et forment comme les bords de l’immense bassin dans lequel se sont déposés les bancs des terrains postérieurs.

C’est vers Dieppe que paraît être le milieu de ce bassin, et