Page:Mémoires de la société de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France, 26.djvu/26

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homme ami de la liberté, de l’ordre et de la légalité, qui ne blesserait personne ; et c’est à quelques pas du point où la rue Saint-Arnaud débouche dans la rue des Capucines que se trouvait l’hôtel de la mairie de Paris occupé par Bailly pendant l’exercice de sa magistrature.

Rue Étienne-Marcel. — Le nom d’Étienne-Marcel, si l’on y tient, conviendrait beaucoup mieux à la rue ou place Lobau, qui limite aujourd’hui l’Hôtel-de-Ville fondé par Étienne Marcel dans la Maison-aux-Piliers de la Grève, acquise par lui à cet effet. Cette rue n’a pas d’autres maisons que les deux casernes, qui n’auraient rien à souffrir du changement, et le brave maréchal Lobau trouverait facilement ailleurs le dédommagement qui lui serait dû.

Rue de Morny (ci-devant d’Angoulême). — On ne peut lui rendre son ancien nom, qui ferait double emploi avec la rue d’Angoulême du Temple. Cette rue, divisée en deux tronçons bien distincts par l’avenue des Champs-Élysées, demande deux noms. Pour la section du faubourg Saint-Honoré (ancienne rue d’Angoulême), je proposerais rue Lagrange, en l’honneur du savant mathématicien mort tout près de là, dans l’hôtel qui fait le coin du faubourg Saint-Honoré et de la rue de Penthièvre, et dont le corps repose encore dans les caveaux du Panthéon. Pour la section de Chaillot aboutissant aux environs de la Pompe à feu on pourrait proposer : rue des Frères Périer, en l’honneur des deux habiles mécaniciens, patriotes dévoués, qui, après avoir importé à Paris les premières machines à vapeur et organisé la première grande distribution d’eau à domicile, ont mis au service de la patrie en danger une fonderie de canons qui rendit de sérieux services pendant les guerres de la Révolution.

Rue Billault (ancienne rue de l’Oratoire du Roule). — Ne peut reprendre son ancien nom à cause de la rue de l’Oratoire Saint-Honoré. Elle fait suite à la rue de Monceau ; on pourrait la nommer rue Carmontelle, en l’honneur du spirituel auteur des Proverbes dramatiques, créateur des jardins paysagers si improprement dits jardins anglais, et en particulier du parc de Monceau, dont il publia les plans et dessins en 1779.

Rues de Bazeilles et de Coulmiers. — Je pense qu’il faut absolument rejeter les noms proposés de Bazeilles et de Coulmiers, non pas que ces actions ne soient honorables et même glorieuses pour nos armes, mais les souvenirs de la désastreuse