Page:Mémoires de physique et de chimie de la Société d’Arcueil - Tome 1.djvu/227

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Sur la vaporisation

peuvent se former indéfiniment à l’air libre, et que leur densité ne dépend que de la température, trouve son application dans la distillation de deux corps simplement mélangés qui ne diffèrent pas beaucoup en volatilité, et il sert à expliquer pourquoi dans ce cas le plus volatil emporte toujours de l’autre. Quoique je n’exclue pas l’affinité des causes qui pourroient contribuer à cet effet, je pense cependant qu’il peut également avoir lieu sans elle et je vais supposer en conséquence que les vapeurs des deux corps que je considère n’ont aucune affinité entre elles, et qu’elles agissent l’une sur l’autre comme le gaz oxigène sur le gaz azote.

Quand on soumet donc à l’action de la chaleur un mélange de deux corps peu différens en volatilité, l’alcool et l’eau, par exemple, il arrive bientôt qu’il entre en ébullition. À cette époque, l’alcool a toute sa tension, tandis que l’eau n’a qu’une partie de celle qu’elle est susceptible de prendre sous la même pression par une plus grande élévation de température. Si maintenant l’eau étoit seule dans le vase distillatoire, il est évident, d’après ce qui précède, qu’étant encore éloignée du degré de son ébullition, elle ne pourroit point se distiller sans un courant d’air. Mais comme l’alcool