Page:Malato - De la Commune à l'anarchie, Tresse et Stock, 1894.djvu/161

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établissements miniers du Diahot « La Gazette du Nord » ; le chef de poste voulait-il apprendre une nouvelle ou faire circuler un bruit quelconque, il éperonnait son cheval et galopait vers Pouébo. Les Henry étaient une mine inépuisable de renseignements sur les missionnaires depuis l’arrivée de ceux-ci dans le pays, trente ans auparavant, sur les indigènes et les divers commandants territoriaux qui s’étaient succédé : le tout narré en dialecte écossais par le mari et en bichelamare par la femme. Les rares voyageurs européens qui, une ou deux fois par mois, s’arrêtaient à Oubatche, en route pour Houaïlou ou Oégoa, ne manquaient pas, comme au temps des Gaulois, de payer l’hospitalité reçue par le reportage, souvent enjolivé, des mille bruits courant la côte : « le missionnaire de Hienghène (pourceau que le gouvernement même fut contraint d’exiler à Lifou) avait pris une nouvelle femme en bas âge… ; la popiné blanche de Panié, qui, jusqu’alors, portait le simple tapa, avait dépouillé ce rudiment de costume, et se promenait maintenant en l’état de sa grand’mère Ève, tandis que son mari honoraire, Gil***, était accusé d’une nouvelle escroquerie. » Ancien sergent-major de zouaves cet individu, habitué aux « mangeages de grenouilles, » montrait un esprit aussi fertile que dépourvu de préjugés : au moment de la grande fureur des mines, il vendit de prétendues claims aurifères, simples excavations dans les parois desquelles il déchargeait un pistolet contenant de la poudre d’or, voire même d’infinitésimales pépites.

Ces nouvelles, si intéressantes fussent-elles, ne suffisaient pas à nous faire oublier qu’il existait un monde continuant à se mouvoir en dehors de nous. Que devenaient la France et l’Europe, si petites sur la mappe-