Page:Malato - De la Commune à l'anarchie, Tresse et Stock, 1894.djvu/99

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tude apparaîtra en donnant dans les deux idiomes le tableau des cinq premiers nombres :

Français     Canala     Houaïlou    
Un Cha Châga
Deux Barou Kwaourou
Trois Basi Kasili
Quatre Kanafoué Kafoué
Cinq Kananini Kani

Pour dire six, on énoncé « cinq et un » (Kani non châga), sept, « cinq et deux, » etc., ou même par abréviation, « et un », « et deux », etc. Après la dizaine, on recommence. Vingt, se dit « un homme » (châga Komô), pour l’ingénieuse raison qu’un homme peut compter juste ce nombre sur ses mains et ses pieds ; quarante « deux hommes » ; soixante « trois hommes », etc. Mais le Néo-Calédonien ne peut aller bien loin : au bout de quelques moments de surmenage cérébral pour étendre les limites de sa faible numération, il se contente de dire simplement « beaucoup », terme vague qui peut s’appliquer aux centaines comme aux milliards.

Houaïlou, ancienne colonie de Canala, devenue indépendante à la suite de longues guerres, comptait, à mon arrivée, en 1876, des tribus encore nombreuses, soumises jadis à l’autorité du grand chef Aï. À la mort de celui-ci, les principicules vassaux s’émancipèrent un peu ; cependant Di-Magué, fort et beau gaillard dont les possessions bordaient la rive droite de la Boima vers son embouchure, me parut jouir d’un ascendant qu’il devait peut-être à ses mérites comme chef de guerre. Il mourut plus tard, empoisonné, ce qui prouve qu’on commençait à le regarder comme encombrant. Les candides Cana-