Page:Malato - Philosophie de l'Anarchie, Stock, 1897.djvu/107

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


torité commence. Mais c’est là un excès dangereux : l’organisation est la condition indispensable de tout développement, de tout progrès, il faut seulement faire en sorte qu’au lieu de reposer sur l’autorité d’un ou de quelques-uns, elle soit basée sur l’accord mutuel, de manière à laisser à chacun sa plus grande liberté. Les sociétés, les corporations qui vont se multipliant de jour en jour et qui, sans ou malgré l’ingérence de l’État, vivent de leur vie propre, nous offrent d’une façon rudimentaire, l’image de ce que sera la société de demain.

L’homme est surtout un être sociable, et c’est l’esprit d’association, développé d’une façon incroyable depuis le commencement de ce siècle, qui finira par avoir raison de ce pouvoir central, qui s’introduit jusque dans les actes de notre vie privée, nous épie, nous bâillonne et nous frappe et qui, aujourd’hui, à l’odieux de l’autoritarisme, joint le ridicule de la caducité.

La crainte de voir l’homme, maître de prendre les produits nécessaires à sa vie,