Page:Malato - Philosophie de l'Anarchie, Stock, 1897.djvu/67

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de paroles d’amour, que des imprécations qui retombent sur le compagnon de chaîne ?

Qu’est-ce que cette famille où la mère ne peut surveiller sa fille qu’un fils de bourgeois raccrochera dans la rue pour l’abandonner après l’avoir engrossée ? Cette famille où l’enfant, né d’un hasard, ne connaîtra jamais son père ? où la mère, tremblante d’être surprise par ses parents ou ses patrons, ne songera qu’à se débarrasser furtivement de sa progéniture ?

Qu’est-ce que cette famille où tous, vieux et jeunes, mâles et femelles, atrophiés, dépravés, blasés, par la misère, couchant dans la même pièce, sur le même grabat, se disputent avec une avidité jalouse une horrible pâtée ?

Qu’est-ce que cette famille de riches bourgeois, guindés, cérémonieux entre eux et courant : Monsieur les impures, madame les fêtes ; le fils rêvant actrices, la fille rêvant gommeux ou officiers, — dépravant de leurs ardeurs étouffées les camarades de lycée ou les compagnes de couvent ?