Page:Mallarmé - Œuvres complètes, 1951.djvu/1567

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littéraire, non plus que dans les lettres de ses amis; quant aux trois maîtres ainsi loués, on ne sache pas que Baudelaire, alors à Bruxelles, ait répondu à ce témoignage d’admiration. Si Théophile Gautier le fit, sa lettre ne s’est pas retrouvée dans les papiers de Mallarmé; pour Banville, il avait, nous l’avons vu, marqué sa gratitude avant la publication même. Ernest Raynaud dans Une page retrouvée de Stéphane Mallarmé (En marge de la Mêlée symboliste, Mercure de France, 1936) appelle ces pages : « une rêverie très personnelle autour de l’émotion intellectuelle provoquée par ces trois poètes ». M. Henry Charpentier (De Stéphane Mallarmé, Nouvelle Revue Française, Ier nov. 1926) a dit : « Mallarmé publie en 1865, dans V Artiste, un important article où il rend à Baudelaire, à Gautier et à Banville, les honneurs qu’il leur doit, mais qui sonne comme un adieu. » Nous avons trouvé parmi les papiers du poëte un exemplaire, découpé et corrigé, de cet article de l’Artiste, précédé d’une feuille sur laquelle, d’une écriture datant de 1880-90, était inscrit ce titre : Trois livres de vers sur mon divan. — Invocation puis soliloque. Les corrections de l’auteur, que nous avons incorporées à noire texte, sont les suivantes : I. — 4e ligne avant la fin : émersion au lieu de « immersion ». II. — Ier par. : ébénéen au lieu de « ébénien ». II. — dernière ligne : cette parole... Alléluia ! au lieu de « ces paroles... O filii et filiae. » III. — 3e par. : Sa parole est, sans fin... au lieu de « sa parole est sans fin... » III. — 31' par. : l'enchantement édenéen... au lieu de « l’enchantement ideunéon ». III. — 4e par. : aux heures de splendeur... au lieu de « aux heures de gloire ». A ce premier texte à peine corrigé étaient jointes des épreuves portant le titre : Trois livres de vers sur mon divan. Ces épreuves corrigées font paraître un texte que nous donnons ici, à titre de document sur l’épuration et le resserrement du style mallarméen au cours des années 1870-1880 : « Trois Livres de I ers sur mon Divan. « Muse moderne de l’impuissance qui me défends le Rhythme, et condamnes une jeunesse, supplice cher de relire, jusqu’au jour où tu m’auras enveloppé dans ton irrémédiable filet, l’ennui, et tout sera fini, — quelques-uns dont la beauté me désespère; ennemie et enchanteresse aux breuvages perfides et aux mélancoliques ivresses, je te dédie, comme une raillerie ou, — le sais-je, — un gage d’amour, ces lignes écrites dans les heures clémentes où tu ne m’inspiras pas la haine de la création et un stérile amour du néant. Tu y découvriras les jouissances d’une idée purement