Page:Marais - Nicole, courtisane.djvu/16

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n’a pu lui découvrir un caprice ! Paul Bernard, décidément, est un mortel favorisé : il paye et n’est point trompé…

— Ah ! bah… On ne connaît pas d’amant de cœur à Nicole ?

— Non, mon cher. À propos, si cela vous dit ?… Monsieur Julien Dangel : la place est à prendre…

J’ai écouté cette conversation, dissimulée à l’abri d’un palmier, dans le hall fleuri de plantes rares, où la fête roule son flot d’innombrables danseurs ; devant moi, à travers l’éventail du feuillage léger, c’est le va-et-vient frénétique des visages qui tournoient, animés et rieurs ; des épaules nues qui se heurtent, se bousculent ; et des habits noirs, plaquant leurs taches sombres parmi les couleurs étincelantes des tuniques pailletées.

Fréminet, le directeur du New-music-hall, mon commensal habituel, fait les honneurs de ma maison à son ami Julien Dangel, un petit blondin de vingt-sept ans, qu’il m’a présenté ce soir comme un jeune dramaturge d’avenir.