Page:Marais - Nicole, courtisane.djvu/37

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rance ses façons trop cavalières… Qu’est-ce qui te prend, Paul ?

— Nicole… Tu ne remarques pas que cette conversation nous a tout à fait réveillés ?

— Paul… Tu oublies que tu pars pour l’Allemagne, demain… Il faut se reposer, à la veille d’un voyage… On te récompensera, à ton retour.

— Justement : ce voyage me rappelle les cuillerées d’huile de ricin qu’on me forçait d’avaler quand j’étais petit. Ma bonne me disait, avec la voix flûtée que tu viens de prendre : « Allons, un bon mouvement : buvez, monsieur Paul. Vous aurez une pastille de chocolat, après. » Mais, moi, c’était toujours avant que je l’exigeais, la pastille…

— La philosophie du moment présent. Tu es monsieur Tout-de-Suite…

— Nicole, il est bien tard pour bavarder… Passé minuit, les paroles s’envolent : les baisers restent.