Page:Marais - Nicole, courtisane.djvu/41

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— Il faut que vous me compreniez à demi mot, Nicole… Pour la première fois, je confie un secret d’affaires à une femme : c’est une sorte d’honneur, pour vous. Je ne le dirais pas à Nadine…

— Parce qu’elle n’est sans doute point celle dont vous avez besoin en la circonstance.

— Toujours des rosseries ?… Nicole, soyez sérieuse. Voici la chose : je poursuis depuis quelque temps une vaste entreprise financière qui se complique de certaines combinaisons… où Bernard est intéressé. Bref, sur ce terrain, je suis en rivalité avec un homme qui vise le même but que moi : Jules Bouvreuil, le directeur de l’Agioteur, ce grand quotidien que lisent les spéculateurs et les boursiers. Vous expliquer tout cela d’une façon détaillée serait superflu : vous vous y embrouilleriez… Sachez seulement que le directeur de l’Agioteur m’a voué une haine corse, que plusieurs de ses actionnaires sont mes bons amis, qu’il se livre entre Bouvreuil et moi un duel acharné, et que l’un de nous y sautera. J’ai un atout dans mon jeu : la protection occulte d’un vieux camarade de collège… Léon Brochard. Vous sentez ce que l’appui d’un homme politique de