Page:Marais - Nicole, courtisane.djvu/53

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travers l’hôtel. Le boudoir ; il s’installe sur un divan, avec son air correct de lycéen bien élevé. Je franchis le seuil de ma chambre en laissant ma porte ouverte. Je sonne Lucy. Et nous reprenons la conversation, Julien et moi, une octave au-dessus.

— Nadine Ziska, c’est cette mignonne Polonaise qui dansait chez vous l’autre nuit ? questionne Julien.

— Parfaitement. Vous la trouvez gentille, hein ? Seriez-vous déjà amoureux de mon amie ?

— Oh ! non, par exemple !

— Quelle protestation chaleureuse… C’est vrai, j’oubliais que vous êtes fiancé.

Lucy m’a enlevé corsage, jupon, corset ; elle rabaisse les épaulettes de ma chemise. Je m’aperçois dans la glace, à la lumière violente des appliques électriques ; et ma poitrine rose, sous ces ondes de blancheur, a l’air d’un abricot duveté de poudre de riz. Je reprends, souriant à ma frimousse blonde :

— Elle est jolie, votre fiancée, monsieur Dangel ? Quel est son prénom ?

— Elle s’appelle Sylvie… Elle est très jolie. Dix-neuf ans… Une masse de cheveux frisés,