Page:Marais - Nicole, courtisane.djvu/57

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— Je vous donne l’impression d’un candidat au don-juanisme, d’un Jeannot tombeur de cœurs ; je ne comprends pas pourquoi… Ma nature véritable est beaucoup plus simple et moins bête ; je ne vous ai vue que deux fois, c’est exact : mais la première, c’était à un instant d’expansion où votre âme se révélait, prenante, attirante… et la seconde, ce fut par une porte entr’ouverte où je surpris un peu de votre grâce… Était-il besoin d’une visite de plus pour que je fusse conquis, moralement… physiquement ?

— Mon ami, je me moque des coups de foudre depuis que la foudre m’a frappée ; son feu m’a ignifugée contre l’incendie des autres… Écoutez, monsieur Dangel : je ne me suis pas donné la peine de vous étudier, et je ne sais si vous êtes un jeune roué ou — comme vous le prétendez — un amoureux spontané et fervent. Mais, dans les deux cas, ma petite confession peut vous être utile, vous prouver que vous perdez votre temps. La voici (et ensuite, je l’espère, vous n’insisterez pas) : je suis venue au monde avec un peu de cœur et pas mal de sens ; mes instincts se sont développés librement dans une sphère artiste, auprès