Page:Marais - Nicole, courtisane.djvu/79

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chard fourrage mes dessous, s’efforçant de me dégrafer ?

— Moi toute seule : vous, vous me chiffonnez !

J’ai repoussé Léon d’une main hésitante. Je me déshabille machinalement, incapable de me rendre compte de ce que je fais. Ô la volupté perfide du champagne aux reflets blonds !…

Ah ! ah ! ah ! ah ! ah !… Un fou rire me dégrise soudain.

Comment expliquer ce que j’éprouve ? Voilà. Léon Brochard a voulu suivre mon exemple. Il a quitté son costume si bien coupé, son gilet, sa cravate… Tout à coup, j’ai, devant moi, à la place du vieux beau fringant, svelte et fleuri, un vieillard décharné vêtu seulement de sa chemise. Et, de cette drôle de chemise d’homme — avec sa fente comique sur les côtés, qui nous irait beaucoup mieux, à nous femmes — sortent : par le haut, de l’ouverture dépourvue de faux-col, un cou déformé de tendons noueux et laissant saillir une fâcheuse pomme d’Adam ; parle bas, deux jambes grêles, aux mollets peu rembourrés mais ornés de poils follets, dues, croirait-on, au crayon de notre facétieux Abel Faivre.