Page:Marais - Nicole, courtisane.djvu/84

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qui me guette, qui cherche à me prendre en traître, je me cramponne, je me débats, ne craignant guère les coups, ayant au moins le mérite de lutter vaillamment, obstinément — et seul !… Vous affichez un beau dédain ? Mon attitude vous dégoûte ? Oh !… Nicole, Nicole, le jour de la curée, serez-vous donc du côté des chiens ?

Landry Colin penche vers moi sa barbe de roi assyrien ; son visage, pâle de fureur, s’ennoblit de fièvre et d’énergie… Planté au milieu du palier désert, le banquier redresse sa charpente robuste de mâle combatif, et, sans souci de l’étrangeté du lieu, poursuit sa confession à voix basse :

— Tous les moyens me sont bons, c’est vrai, parce que je veux triompher quand même, rester celui qu’on ne tombera jamais ! Eh bien ! Nicole, dans cette affaire, je suis innocent, entendez-vous, innocent… Inattaquable devant les plus honnêtes gens, et cependant près d’être vaincu par cette racaille. Mes opérations sont parfaitement régulières, seulement je laisse prise à leurs intrigues en protégeant mes petits actionnaires, en refusant de léser, fut-ce temporairement, les humbles confiants qui