Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/104

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
58
histoire des églises et chapelles de lyon

supérieure par l’incendie de 1674, on lui donna, en la restaurant, son élévation actuelle et son couronnement en l’orme de dôme.

D’un inventaire dressé par ordre du Consulat en 1661, il résulte qu’il y avait dans la chapelle, au-dessus de l’autel porté par une trompe en saillie, un tableau dans son cadre doré représentant une « Descente de croix » peint par Jacques Palma dit le Aieux, acquis en 1651 de Benoît Voisin, ex-échevin, pour le prix de 1.200 livres, et deux têtes en marbre blanc sur leurs consoles d’ébène, l’une à droite, l’autre à gauche, le Christ et la Vierge, œuvres de Martin Hendriey, maître sculpteur ordinaire de la ville, pour lesquelles il lui fut compté la somme de 150 livres.

Le 8 janvier 1652, le consulat donnait à exécuter au même Martin Hendriey, par prix fait à lui passé devant Me Jasseron, notaire royal, quatre statues en pierre de Perne, hautes de six pieds et dix pouces et destinées aux quatre niches de la galerie de la chapelle. Ces statues devaient représenter l’Amour divin, la Foi chrétienne. l’Amour de la patrie et la Concorde. Le sculpteur avait deux ans pour les faire. La commande comprenait, en outre, deux figures en pierre de Savoie de huit pieds de hauteur, l’Astrologie et la Géométrie, pour les deux niches situées en dehors et au-dessus de la chapelle. Mais dans la délibération consulaire du 8 août 1662, il est dit que ces deux statues furent décommandées et que le sculpteur reçut de ce chef une indemnité de 100 livres ; il lui avait été promis pour ces six statues, 2.000 livres.

La chapelle était décorée de vitraux, œuvre de Christin Dalais, Jean Ricard et François Nicolas, maîtres peintres verriers, sur lesquels étaient peintes les figures du Christ et de la Vierge et les armes du roi.

Il est fait mention dans les comptes du Consulat d’une dépense de 450 livres pour l’achat d’un dais orné de soubassements, galons, broderies, bouquets et autres ouvrages, devant servir le jour de l’octave de la Fête-Dieu, pour la fête de saint Thomas et en d’autres circonstances, et de l’achat d’une chapelle d’argent du prix de 1.631 livres pour aider à la célébration de la messe et autre service divin. Le 9 août 1663, le Consulat crut devoir prendre une délibération pour interdire formellement que ce^î riches objets acquis pour le service de la chapelle de l’hôtel commun, fussent prêtés à l’avenir à des habitants ou à des confréries de la ville, qui avaient obtenu précédemment l’autorisation de les emprunter pour servir au dehors dans des églises ou des chapelles.

Pernetti, à l’article « Gros de Boze » des Lyonnais dignes de mémoire, rapporte que, de son temps, on voyait, dans le vestibule de la chapelle de l’Hôtel de ville, le Taurobole découvert à Lyon en 1704, sur la colline de Fourvière, rappelant un sacrifice offert pour le salut d’Antonin le Pieux et acquis, en 1742, par le Consulat, au prix de 3.000 livres.

Au-dessus de la porte donnant accès de la grande salle à la chapelle et du côté de la grande salle, se lisait une inscription latine de dix-neuf lignes, composée par le P. de Bussières, jésuite, pour l’exécution de laquelle le Consulat avait traité, en même temps que pour d’autres ouvrages, avec les peintres Panthot et Blanchet. On ne lira pas sans intérêt la traduction de ce long texte latin : « De ce palais, qui manquait à Lyon, fondé